Douglas Essombé, histoire d'une légende

12/01/2011 | Clément SMAGUE



 

Apprécié dans le milieu du football boulonnais, Antoine Douglas Essombé a laissé un souvenir impérissable à Boulogne-sur-Mer. Retour sur la carrière de l’emblématique buteur Rouge et Noir des années 60. Acte II.

Après une dernière saison en tant que joueur au Touquet, Antoine Douglas Essombé ne tarde pas à revenir dans son club de cœur. En 1969, il rejoint ainsi l’US Boulogne en qualité d’adjoint de Daniel Langrand, arrivé de Lille. A l’époque où le football professionnel demandait toujours plus, le club avait besoin d’un directeur général. « C'est là où Langrand a commencé à taper à toutes les portes. Il est devenu directeur commercial. » Ainsi, l’équipe est petit à petit revenue à Essombé.  « Moi, j'entraînais mais c'est lui qui prenait les décisions. »

Mais en 1973, l’entraîneur boulonnais quitte le club suite à des problèmes. « Doudou » travaille alors avec Célestin Oliver, prof d’EPS à Marquise la saison suivante sous les ordres du nouveau président André Leduc. Cette saison fût marquée par le refus, un beau matin, des joueurs de s’entraîner alors qu’ils n’avaient pas été payés. Un fait qui démontre bien les moyens très limités du club à l’époque. Les salaires seront finalement payés par l’ex-président René Depreux le lendemain.

 

Des années « terribles »

 


USGB 77/78 - Debout : Bodji, Sibilleau, Marsiglia, Delpierre, Mangard.
Accroupis : Banasz, Wicke, Dupuis, Mahieu, Molmy, Knockaert.
Crédit Photo : André Hette.


Daniel Langrand revient à Boulogne en 1975. En 1977, alors que Depreux retrouve la présidence du club, le duo Langrand-Essombé est chargé de diriger l’équipe première. Le début de la descente aux enfers pour l’Union Sportive du Grand Boulogne (ndlr : l’USB est devenue USGB en 1970). Au terme de la saison 78/79, les Rouge et Noir sont relégués en 3ème division. C’est la fin du professionnalisme à Boulogne. « Nous avons du mettre un parachute pour que Boulogne ne tombe pas. Nous avons accepté d'aller en 3ème division sans joueurs. » Et pour cause, les joueurs professionnels quittent tous le club, excepté René Borowski. « Il me restait Borowski à qui je devais payer 4000F. Il fallait démarcher partout pour trouver de l'argent. Je ne me payais pas moi même. Je gagnais de l'argent en vendant des maillots, des ballons de publicité… » Si le néo-entraîneur boulonnais qualifie de « galère » cette situation, il fallait « préparer ses arrières ». Il décide alors de prendre l’équipe amateur pour jouer en 3ème division. Des garçons qui n'ont même pas joué en DH pour jouer en D3 ! « On ne gagnait pas de matches mais on avait fait ça pour ne pas aller directement en DH. J'avais préparé une équipe de jeunes en 8 ans comme les Dufossé. Pendant que nous descendions, ils étaient cadets nationaux. Ils étaient tous de Boulogne. Ce sont eux qui ont ramené le club. Si on était descendu sous la DH à l'époque, on ne serait pas là aujourd'hui. »

 

USGB 79/80 : Benon, Lévêque, Pruvost, Martel, Lohyn, Borowski, Fassiaux, Lefaix, Vacossin, Deschamps, Attely, Hassouna, Cuvillier, Gervais, Sénéchal, Bonvalet, Tondu, Bernard, Fraihat.



La saison suivante, le colosse camerounais devient l’unique entraîneur de l’USGB après le départ de Daniel Langrand. « J’avais un terrain au Moulin Wibert pour 20 équipes dont une féminine. » Le club continue alors de mourir avec les descentes en 4ème division (79/80) et Division d’Honneur (81/82). « L'USB est tombée dans mes bras, elle agonisait dans ma main. Je n’ai jamais tant souffert. »

 

Départ volontaire


Après une Assemblée Générale, Robert Sénéchal est nommé président en 1982. Douglas occupait à l’époque toutes les fonctions au club. « Je faisais tout. Le secrétariat, je marchandais, j'entraînais et j'avais encore 15 équipes de football. Je ne pouvais pas payer d'entraîneur. Je nettoyais même les vestiaires… » Mais cette année là, il ne se sentait plus utile pour la nouvelle direction. Un jour, il décide d’appeler « quelqu’un » qui travaillait avec lui. « J'avais préparé les matches de préparation des poussins jusqu'aux seniors. Je lui ai dit : je m'en vais, tu ne me verras plus. J'ai disparu de Boulogne ce jour là. J'ai compris que le président n'avait peut-être pas besoin de moi. Il avait d'autres personnes à mettre en place. » Après la gloire, Antoine Douglas Essombé a connu les déboires avec « la mort » de Boulogne en 1982. C’est ainsi que son histoire avec le club maritime s’achève, ou du moins pour très longtemps.

En 1982, après son départ de Boulogne, celui qui a tout connu des Rouge et Noir part pour Berck à la demande du maire pour s’occuper du club. Il y restera une dizaine d’années avant d’entraîner Outreau où son équipe « de filles » qu’il avait à Boulogne le suivra. Calais l’appelle ensuite en 2003. « Jore voulait que je vienne avec lui. C'est tellement compliqué là-bas… » Il devient dès lors manager général pour quelques années.

 

A suivre ...

 

 

Propos recueillis par Marine DUBAËLE et Clément SMAGUE


Un grand merci à M. Douglas Essombé pour sa disponibilité.



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