Douglas Essombé, histoire d'une légende

04/01/2011 | Clément SMAGUE



 

Apprécié dans le milieu du football boulonnais, Antoine Douglas Essombé a laissé un souvenir impérissable à Boulogne-sur-Mer. Retour sur la carrière de l’emblématique buteur Rouge et Noir des années 60.

 

L’histoire de Douglas Essombé se confond avec celle de l’US Boulogne. En 1960, le club de la Côte d’Opale, tout juste remonté en deuxième division, fait signer le robuste attaquant camerounais où il est « accueilli chaleureusement ».  

Sa jeune carrière commença à Bordeaux quelques années plus tôt. Il ne restera que trois ou quatre mois sur les bords de la Garonne avant d’être envoyé au Havre. Là aussi son passage fût très bref puisqu’il s’engage avec Sète après six mois passés en Haute-Normandie. « Quand je suis parti à Sète, ma carrière a commencé. » Sur le terrain, il flambe mais aussi « avec les filles et sa belle bagnole ». Au terme de la saison 59/60, le FC Sète dépose le bilan. Douglas est alors courtisé par Angers ou encore le Racing Club de Paris. Rien ne se fera comme il le voulait. « Angers et le RC Paris ne répondaient pas. Un jour, on m'a dit : "M. Douglas, on vous attend à Boulogne". Je n'étais pas content. Je suis arrivé une semaine avant par la digue. J’étais là comme un con lorsque la mer est sortie sur moi. Je me suis dit qu’il m’était impossible de mettre les pieds ici…»

Boulogne, l’extase

C’est donc avec déception et mécontentement qu’il débarque dans le Pas-de-Calais.  Le jeune attaquant camerounais commence à comprendre où il a posé ses valises dès son arrivée. « C’est le club où j’ai été le mieux accueilli » avoue t-il. Il habitait d’ailleurs à l’hôtel Atlantic où il vivait comme « un petit roi ». « Je ne mangeais qu'avec des préfets ou des rois d’Angleterre… » Dans de bonnes dispositions, celui que l’on a fini par surnommer « Doudou » ne pouvait que briller avec les Rouge et Noir. Sur ses quatre saisons boulonnaises, il inscrira quelques 58 buts en 97 matches de championnat. Un physique impressionnant, un buteur hors pair. Douglas Essombé est rapidement devenu une figure emblématique de l’USB.



Un départ tragique

En plein essor au milieu des années 60, le puissant buteur maritime est suivi par des grands clubs tels Reims et Nantes. Mais un accident de la route duquel il ressortira « cassé en deux » brise littéralement une belle carrière promise. Ce drame qu’il ne peut expliquer aujourd’hui lui fera perdre une saison. « Quand je suis sorti du coma, Pierre Wattez (ndlr : président à l’époque) me tenait la main. Cela m’a beaucoup marqué. » En 1964, il est vendu à Charleroi en Belgique alors qu’il « n’est plus lui-même ».

Un attachement machinal

Après quatre saisons pleines à Boulogne, le grand Douglas Essombé ne cache désormais plus son amour pour le club de la Côte d’Opale. « Orphelin, j'ai trouvé des gens ici qui m'ont accueilli. J’ai aussi connu une fille et je me suis marié (rires). Et puis quand je suis parti en Belgique, le président Wattez venait me voir jouer et prendre de mes nouvelles.» Peu enclin à venir tenter le défi boulonnais, il aura été rapidement conquis et comblé. « C'est à Boulogne que j'ai connu le professionnalisme. » Sa carrière de joueur s’achève par de brefs passages à Metz, au Red Star et au Touquet. En 4 ans, il aura laissé un souvenir impérissable à l’USB. Et quand on le qualifie de star, il ajoute modestement : « Il fallait bien que quelqu’un porte le drapeau… ».

A suivre…

 

Propos recueillis par Marine DUBAËLE et Clément SMAGUE


Un grand merci à M. Douglas Essombé pour sa disponibilité.
 



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